Rapports sociaux de sexe et cultures féministes

Maxime Cervulle 

La critique féministe qui a émergé durant les années 1970 en lien avec un large mouvement social repose sur une théorie de l’oppression et de l’exploitation des femmes. Elle a pris corps dans un ensemble de travaux connus dans le monde francophone sous le nom de « féminisme matérialiste ». Ce dernier étudie les rapports entre les modes de production domestique et capitaliste, employant la méthode de Marx pour mettre au jour la division sexuée du travail et, plus largement, les rapports sociaux de sexe qui organisent la société. Le féminisme matérialiste a profondément remis en cause la naturalité de la catégorie même de sexe. Les théories féministes dites poststructuralistes l’ont rejoint sur ce point, durant les années 1990, en mettant l’accent sur les dimensions discursives de la construction du sexe. Les rapports entre ces deux écoles de pensée féministes ont été particulièrement tendus, notamment en raison de leurs fondations théoriques différentes. Ce cours propose de dégager certaines des principales tensions théoriques qui ont émergé entre les féminismes matérialiste et poststructuraliste afin de déplier l’espace de la critique du sexe dans toute sa densité.