Espace public et médias

Sophie Jehel et Philippe de Cuetos (groupe 1)

Les médias proposent des espaces publics qui viennent informer le débat public. Leur responsabilité sociale et politique est donc essentielle pour le fonctionnement de la démocratie. Le cours assuré par Sophie Jehel partira d’une approche des caractéristiques de l’espace public et de la démocratie par différents auteurs (Arendt, Habermas, Rosanvallon, Blondiaux). Le développement du web 2.0, avec son incitation à l’exposition de soi par des plateformes commerciales poursuit sous des modalités nouvelles un mouvement de confusion des sphères publiques et privées amorcé à la fin du XVIIIe siècle avec l’avènement de la bourgeoisie (Habermas, Sennett). Cette privatisation de l’espace public constitue un risque fort d’instrumentalisation. Mais le web actuel pourrait aussi dépasser certaines limites des espaces publics traditionnels et contribuer à l’émergence de formes nouvelles d’expression démocratique (Lessig, Cardon, Fraser).

Philippe de Cuetos, chargé de mission au ministère de la Culture, explorera les notions de neutralité de l’internet, de neutralité des réseaux, celle des moteurs de recherche et des plateformes numériques, les enjeux de ces notions pour la structure de l’Internet et leurs conséquence pour les politiques publiques de la culture.

A titre de terrain d’analyse, les étudiants seront invités à participer à un blog consacré à la médiatisation des enjeux de la conférence de la COP21 qui aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget, en collaboration avec la radio 2 Ter.

 

 

Alexander Neumann (groupe 2)

 

Les médias proposent des espaces publics qui viennent informer le débat public. Leur responsabilité sociale et politique est donc essentielle pour le fonctionnement de la démocratie, de même que la participation politique du plus grand nombre. Le cours partira d’une approche des caractéristiques de l’espace public et de la démocratie par différents auteurs (Arendt, Habermas, Negt/Kluge). Le modèle de l’espace public bourgeois développé par Habermas part de l’idée que la bourgeoisie aurait crée les formes culturelles, communicationnelles et institutionnelles de la démocratie moderne depuis le 18e siècle, en France et en Angleterre. Ce modèle sera interrogé de manière critique à l’aide d’auteurs qui ont montré que la bourgeoisie fut dominée jusqu’à la fin du 19e siècle par la noblesse, puis contesté par le prolétariat (Traverso, Rancière) et le féminisme (Fraser). Aujourd’hui, il s’agit de comprendre le caractère limité de l’espace public bourgeois, qui est à la fois érodé et débordé. Erodé au vu de l’abstention électorale, de la crise du livre et de l’audiovisuel traditionnel, et débordé par certaines formes du web (Granjon) et des espaces publics oppositionnels (Negt).

 

Cette problématique sera développée à partir d’exemples concrets : le développement des revues numériques et des portails d’édition ; la participation des villes à l’émergence d’un espace public supranational.